Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 17:09
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 RTBF |  31 mai 2012

Gilbert Gatore à Saint-Malo, le 11 mai 2008.

 

Gilbert Gatore vit en France depuis l’âge de 16 ans mais est menacé d’expulsion. Pour la deuxième fois en sept mois, cet écrivain d’origine rwandaise, lauréat du Prix Ouest-France - Etonnants Voyageurs en 2008, s'est vu opposer un refus à sa demande de naturalisation. En cause, "un comportement fiscal jusqu’à récemment sujet à critiques", juge la Direction de l'accueil, de l'intégration et de la citoyenneté du ministère de l'Intérieur.

La demande de nationalité de l'écrivain rwandais âgé de 31 ans était engagée depuis deux ans. Elle a été refusée à cause d'"un arriéré d'impôts de 3845 euros dû à une situation financière délicate et passagère en 2010, réglé depuis rubis sur l'ongle, pénalités comprises", écrit Télérama.

Gilbert Gatore est arrivé en France en 1997 après le génocide au Rwanda et quelques années d'errance en Afrique. Le jeune homme qui  parlait mal le français réussit pourtant son parcours d'intégration: il obtient en dix-huit mois son bac L (baccalauréat littéraire) avec la mention bien avant de décrocher des diplômes à Sciences Po Lille et HEC en 2008.

A 26 ans, il publie son premier roman, écrit lors d'un tour de France des monastères. "Le Passé devant soi" (paru aux Editions Phébus) met en fiction le génocide rwandais. Son roman est bien accueilli par le public et la critique et remporte le prix Ouest France-Etonnants Voyageurs au festival de Saint-Malo.

Entretemps, il s'engage dans une carrière de commercial et fonde une entreprise qui ne rencontre pas le succès.

Longtemps, l'écrivain ne demande pas la naturalisation en France pour ne pas renoncer à sa nationalité rwandaise. En 2010, il se décide: "J'avais passé plus de temps en France qu'au Rwanda", confiait-il alors, selon Télérama. Il vivait depuis dix ans avec le statut de réfugié politique, et était sans papiers depuis décembre 2011 dans l'attente du renouvellement de son statut.

Il risque à présent l'expulsion dans les prochains jours, note Télérama qui s'interroge: "Si l'administration refuse la naturalisation à un homme qui, à tous points de vue constitue ce 'modèle d'intégration à la française' dont les politiques nous rebattent les oreilles dans leur discours, alors quel étranger peut aujourd’hui prétendre à être naturalisé français ?"

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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 11:03
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Bientôt deux mois . Deux mois que Sékou Diakité, le longiligne gardien de la JS Cugnaux , a été expulsé vers la Côte d’Ivoire. Un pays d’origine où il n’a plus aucune famille, où il se retrouve seul. A 22 ans, comme vous avez pu le lire dans un précédent article.

Alors, comme il y a urgence, ses copains de Cugnaux, de Muret où d’ailleurs, des personnes d’horizons et de sensibilités différentes, se retrouvent dans la bonne humeur et se mobilisent sans compter autour de sa famille de cœur afin de le soutenir financièrement et pourquoi pas, permettre son retour.

Pour apporter un peu de soleil à Sékou.

Un rayon de soleil qui peut aussi vous réchauffer le cœur. Pour cela, il vous suffit de passer au stade Jean Dardé à Cugnaux le dimanche 3 juin à partir de 14h30, pour participer vous aussi à une journée à laquelle toute la famille du football régional est invitée…

Au menu du jour, du football bien sûr avec un plateau U11 et des équipes de Cugnaux, Muret, des Pradettes le tout sous la baguette du magicien Tafsir NGom.

Puis un mini tournoi à 4 équipes avec les équipes de Muret (CFA2), Cugnaux (DH), une sélection National-CFA, CFA2 et une sélection DH.

Le tout avant que d’anciennes gloires régionales sortent leurs vieux crampons pour un match vétérans. Bref, une belle fête avec la visite de nombreux professionnels venus prendre un bain de foule et de bonne humeur.

Sans oublier, de multiples activités, des ateliers sportifs ou créatifs, des danses le tout animé par des DJ’s en vogue dans la ville rose. Assurément une belle fête dont nous vous présenterons le déroulement précis dans une prochaine publication. Mais d’ores et déjà, cochez le 3 juin sur vos agendas, pour une bonne cause et un super mec.

 

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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 13:58
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Mais ensuite ?

Nous sommes le 19 avril 2012 aéroport de Roissy Charles de Gaulle dans le terminal 2C, les vacances scolaires battent leur plein. A l’enregistrement des bagages, on sent l’euphorie du voyage chez les passagers du vol AF888 de 10h45 à destination de Kinshasa. Kevin Kimpefe en classe de terminale au lycée Kyoto à Poitiers fait aussi partie du voyage mais lui est déjà au pied de l’avion sur le tarmac, dans un fourgon de police et sera monté en premier au fond de l’appareil. Menotté, encadré par 4 policiers dont 3 en civil, contrairement aux autres passagers, il n’a pas choisi de faire ce voyage. Pourquoi est-il là alors ? Il a 19 ans, il est sans-papiers, donc indésirable et doit être banni du territoire français...

Léon, passager en classe Affaires, ne pouvait pas voir Kevin de sa place mais vers 10H30 des cris stridents provenant du fond de l’appareil commencent à retentir dans tout l’avion "ne me laissez pas partir ! Aidez-moi aidez-moi ! Je passe mon bac dans 2 mois !". Plus personne ne pouvait dire "je ne savais pas, je n’ai rien entendu, je n’ai rien vu". Installé en Belgique, Léon est père d’un jeune homme du même âge que Kevin. Il se dit qu’il ne peut pas laisser faire ça, que ça pourrait être son fils ! Il repense alors au papier qui parle de ce jeune majeur scolarisé et sans-papiers que lui avaient remis quelques heures plus tôt des militants venus sensibiliser les passagers à la cause de Kevin. Il relit l’histoire du lycéen et se lève aussitôt puis se dirige d’un pas déterminé vers le fond de l’avion. Un autre passager est déjà debout et demande aux policiers à ce que le calme soit rétabli à bord car les cris du jeune homme font peur à ses enfants. "Ne vous inquiétez pas, rasseyez-vous et il va se calmer quand l’avion décollera !".

Kévin est en larmes... Léon s’approche de Kevin. Ce dernier le supplie d’un regard atterré de l’aider et lui explique en suffoquant qu’il n’a plus personne à Kinshasa. En effet, le père de Kevin a été assassiné et suite à ce drame la famille a rejoint la France en 2006 laissant derrière elle un passé douloureux. Kevin était alors âgé de 14 ans, un âge sensible. La famille endeuillée s’est installée à Poitiers où elle a pu reconstruire une vie, certes jalonnée parfois d’épisodes difficiles car il y a des souffrances qui laissent des cicatrices indélébiles dans une vie, mais Kevin a su surmonter ses difficultés. Un récit de vie auquel nul ne peut rester insensible et encore moins les passagers du vol AF888 qui avaient conscience que l’avenir tout entier de Kevin était entre leurs mains et qu’il s’agissait là de porter assistance à une personne en danger. Les passagers décident alors dans leur grande majorité de se lever et de ne plus se rasseoir tant que le futur bachelier ne serait pas débarqué.

Parmi eux, Daida. lycéenne de 16 ans en classe de seconde. Elle va passer ses vacances avec ses deux sœurs cadettes chez ses grands-parents à Kinshasa. Elle aussi ne comprends pas que son pays la France qu’elle a toujours imaginé comme un pays respectueux de la dignité humaine, puisse traiter de la sorte un lycéen pour le simple fait qu’il n’a pas les bons papiers. Profondément choquée par ce qui se passe sous ses yeux, elle appelle sa mère d’origine indo-africaine qui approuve d’emblée l’acte courageux et solidaire de sa fille et l’incite à ne pas céder à la pression des CRS qui ont envahi massivement l’avion afin de dissuader la résistance grandissante. Une policière filme avec une caméra les visages des passagers toujours debout et refusant d’obéir aux forces de l’ordre qui les menacent de poursuites judiciaires pour rébellion. Le bras de fer entre passagers et policiers dure deux longues heures, durant lesquelles pas une seule fois le commandant de bord ne se sera manifesté !

Le vol décollera à 13H mais sans Kevin qui a pu assister à son audience du juge des libertés et de la détention à Meaux le lendemain. Il est libre et a rejoint sa maman et sa fratrie à Poitiers. Merci aux passagers du vol AF888 pour leur courage.

Un passager a été choisi parmi tant d’autres et a été débarqué pour s’être indigné contre l’expulsion de Kevin. Nous ne savons pas ce qu’il est advenu de lui.

Quant à messieurs Sarkozy et Guéant, sachez qu’au pays des Droits de l’Homme et du Citoyen, on n’expulse pas des lycéens, on ne démembre pas des familles, sans qu’il y ait de résistance ! Des voix continuent et continueront de s’élever tant qu’en France règnera cette politique inhumaine et attentatoire du chiffre qui va à l’encontre des valeurs inscrites sur le fronton de nos édifices publics, ces mêmes valeurs pour lesquelles des femmes et des hommes vivent et respirent.

Malika Chemmah, RESF 93

 

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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 10:06
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La dépêche | 17/05/2012

 

Lorsqu'il a été interpellé le 19 avril en allant chercher sa fille âgée de six mois à la crèche, Monsieur B. ne savait pas que sa demande de titre de séjour lui était refusée depuis décembre 2011. Car l'avis de la préfecture n'avait pas été envoyé à l'adresse indiquée sur le récépissé de demande de titre de séjour, mais à l'ancienne adresse de Monsieur B. Depuis, ce Béninois âgé de 33 ans est incarcéré au centre de rétention de Cornebarrieu et expulsable à tout moment. Pour la Cimade qui vient de tirer la sonnette d'alarme, cette expulsion serait dramatique. Car n'étant pas marié avec sa concubine originaire d'Haïti, mais titulaire d'une carte de séjour de dix ans, il ne pourra pas bénéficier des mesures de regroupement familial qui lui permettrait de revenir légalement en France pour retrouver sa compagne et son bébé. Et il sera impossible au couple qui n'est pas originaire du même pays de refaire sa vie au Bénin ou en Haïti. « La préfecture ne prend absolument pas en compte la situation de la gamine qui va perdre son père », déplore un responsable de la Cimade.

Sollicitée par téléphone, la préfecture de la Haute-Garonne a choisi de ne pas communiquer sur ce sujet.

 

 

 
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 22:32
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Le revirement, c'est maintenant. Après un blocage de plus de huit mois, le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Monzani, s'est semble-t-il rappelé qu'il était là pour faire appliquer la loi dans son département. Lundi 14 mai, les dix-huit enfants de familles étrangères placées en hébergement d'urgence vont enfin pouvoir faire leur rentrée à l'école de Rubelles, petite commune près de Melun. Le maire UMP, Jacques Baumann, qui refusait depuis octobre de délivrer à ces enfants un certificat de scolarisation a dû se plier aux injonctions du préfet, resté jusque-là bien discret.

Dix-huit enfants sont déscolarisés depuis des mois à Rubelles 
Dix-huit enfants sont déscolarisés depuis des mois à Rubelles© NB

Mercredi 9 mai, un rassemblement devant la préfecture avait marqué le point d'orgue d'une mobilisation des différentes associations qui défendent ces familles RESF (Réseau éducation sans frontière), Ligue des droits de l'homme (LDH), ou Amnesty. Plusieurs élus locaux et des personnalités politiques comme Olivier Besancenot s'étaient jointes au rassemblement. Avec un petit cours de droit des enfants, administré par un spécialiste.
« Nous avons été reçus par un représentant du préfet qui nous a expliqué qu'ils n'étaient pas restés les bras ballants pendant tout ce temps. Il nous a lu une lettre adressée au maire lui rappelant ces obligations en la matière et le prévenant qu'il encourrait des sanctions pénales s'il persistait », rapporte Nicole Fautrel de la LDH qui suit le dossier depuis plusieurs mois.
Ironie de l'histoire, la lettre a été adressée au maire le 7 mai dernier, au lendemain de l'élection de François Hollande, comme si, dans ce volte-face, flottait un petit air d'alternance politique.

Un dispositif particulier pour accueillir les familles et leurs enfants

Pas dupes, les associations se réjouissent néanmoins de cet heureux dénouement. Après les préventions exprimées par les familles de la commune, la polémique politique et la médiatisation autour de cette affaire, elles espèrent que la rentrée de ces enfants pourra se faire dans la sérénité.

Policiers devant l'école de Rubelles 
Policiers devant l'école de Rubelles© NB

« L'éducation nationale a mis en place un dispositif pour pouvoir accueillir demain les parents et les enfants, explique Nicole Fautrel. Les deux enseignants spécialisés en CLIN (classe d'initiation pour enfants non-francophones) devraient être présents. Nous allons les accompagner dans leur rentrée», assurait dimanche Nicole Fautrel.

 

 

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